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Six heures du matin. Il fait froid à la sortie de Thamel en attendant le bus de Dumché, gros bourg de montagne, à 2000 mètres qui permet d'accéder à la vallée du Lantang.

Cent soixante dix km, huit heures de trajet. Cela laisse présager de l'état de la route. La voie se met à serpenter dès les faubourgs embrumés de Katmandu avalés et fait place à une piste qui s'élève lentement dans les rizières.

Voyage superbe, aérien, à réserver aux amateurs de sensations fortes, conducteurs et ses "aides" virtuoses, du grand art. Le bus poussif grimpe, ponctué par les sifflets et les coups assénés sur la carrosserie par les deux " helpeurs" suspendus de chaque côté du bus qui renseignent au millimètre le pilote. Ici, il n'est pas question de rétroviseurs, le voyage se fait en trois dimensions.
Agrippé à sa mécanique,le chauffeur maîtrise sa machine. Il y a bien une vitesse qui craque de temps en temps, mais les engrenages en ont tellement vu. Arrêts dans les villages, les voyageurs vont et viennent chargés de bagages hors du commun.

Un dernier " Check Post de l'armée " et nous pénétrons dans le " Langtang National Park ". On aperçoit au loin la " Tibet range ", plusieurs géants himalayens coté tibétain. Le " Ganesh Hymal ", sommet à tête d'éléphant nous invite à venir.

Arrivés à Dumché, nous faisons quelques courses et nous nous installons pour la nuit dans un lodge.
Le lendemain, nous avalons un petit déjeuner vite fait avec Nima Sangué et Djité, nos deux porteurs népalais.

En route, il fait beau et au bout de quelques minutes, le chemin, rien que le chemin. Au Népal, la marche à pied s'impose. Il n'y à pas d'autres choix : les sentiers vous emmèneront là où bon vous semble, pour peu que l'on prévienne les Dieux des hautes montagnes en faisant tourner les moulins à prières.

On remonte la vallée du Lantang Khola à travers une forêt de Bambous. Des colonies de singes blancs nous escortent durant trois jours entre 2000 et 3000 mètres. Le soir, nous faisons étapes dans des villages tibétains. Les lodges sont confortables mais très froids et humides, la cuisine est locale : Dhal Bath : plat composé de riz et d'une purée de lentilles. Les quelques téméraires, dont j'ai fait (hélas) parti, qui ont osé s'aventurer dans une cuisine plus exotique (pizza par exemple), reviennent vite dans le droit chemin devant le résultat et se prennent même à vanter les mérites du Dhal Bath.

Le paysage change, il devient minéral et tout d'un coup, au détour du sentier le Langtang Lirung se dresse devant nous. Géant de glaces et de rocs, la tête dans les nuages, à 7 350 Mètres. En atteignant le village de Langtang vers 3200 mètres, on rentre dans un paysage de haute montagne. Encore une étape et l'on rejoint Kyanjing Gompa à 3850 mètres. Nous sommes restés deux jours là à nous balader et à contempler le paysage. La haute vallée du Langtang est superbe, très alpine.

Elise à grandit d'un seul coup en atteignant le sommet du Kanjing Ri à 4500 mètres. C'est vrai qu'elle était haute cette montagne !

Nous avons acheté des fromages de Yacks (le Dhal Bhat c'est bon, mais il ne faudrait pas en abuser…) et nous sommes redescendus en quelques jours à notre point de départ.

Il nous restait plus qu'à prendre le bus pour retourner à Kathmandu. J'avais envie de redescendre sur le toit du car pour profiter du paysage, avec les Népalais qui n'ont pas payé les 2 roupias supplémentaires pour réserver une place. J'ai eu peur tant la première partie de la route est impressionnante.
Je me suis cantonné à m'asseoir sagement derrière le conducteur à épier, mis émerveillé, mi-craintif, ses faits et gestes.

Et puis, vers midi, le bus s'est arrêté là, dans un bourg sans âme. Tout le monde descend, sans explication, les sacs à dos en tas au milieu de la place. Nos deux sherpas me disent que la route est barrée plus loin par des maoïstes. Nous pourrons peut-être repartir demain, si le barrage est levé. Peu à peu, les informations circulent, on parle maintenant d'une semaine de blocus (je convertis ça immédiatement en 14 Dhal Bath). C'en est trop !

Nous négocions avec un taxi qui nous assure que les voitures particulières peuvent passer. Nous continuons notre route en compagnie d'un Hollandais qui à l'air vraiment heureux de pouvoir rentrer à Kat (allergique aux lentilles ou pressé de boire une bière ?). On apercevra en travers de la route 2 grenades à 3 mètres du sol suspendues à une banderole. Personne autour; étrange, d'autant que quelques kilomètres plus loin, les militaires contrôlent placidement les rares véhicules qui circulent.

Cet épisode nous à un peu refroidi (nous n'avions pas besoin de ça vu la qualité des duvets loués à Kat), et nous avons décidé de partir pour Shanghai en Chine plus tôt que prévu.

Marc

Il reste encore une petite place

Vue du bus, cultures en terasse  façon Marcus Arthus Bertrand

La plus haute, c'est Ganesh Himal

L'heure du bain pour le petit tibétain

Je préfère être à ma place qu'à la sienne

Maison à Langtang

Elise au sommet du kanjing Ri avec pour arrière plan le Lantang Lirung

Djité est content de lui

Allez, encore une petite prière pour la route

Bon allez, ce coup la, j'y vais

Mais qu'est ce qu'y fout !

 

Il fait froid, mais qu'est ce qu'il
fait froid ! …

On m'avait dit : au Népal, le mois de février est un bon mois pour le trekking… En effet, en bas, le beau temps revient ; les rhododendrons ( des vrais arbres de 20 m de haut) commencent à fleurir, la journée on peut rester en tee-shirt ;

Mais dès qu'on monte, ça caille !

Ce soir nous sommes au bout du chemin dans le dernier village à 3900 m d'altitude. C'est la haute montagne. Ici en dessous de 3500 on n'appelle pas ça l'altitude !

Nous sommes devant le poêle à bois au centre de la salle à manger du lodge, l'unique endroit chauffé où il faut choisir entre avoir les joues en feu et le dos gelé ou se réchauffer le dos sans voir personne…

Passé le stade de la salle à manger, ça se complique. Se coucher dans les chambres à zéro degré (parfois moins puisque l'eau gèle dans les gourdes) avec des duvets archi nuls (loués à kathmandou) est une épreuve terrible. Rien que de penser qu'il va falloir y aller, je frisonne d'avance…

Heureusement j'ai ma technique : se déshabiller le moins possible, s'enrouler les jambes dans un châle en laine, se glisser dans les draps perso; enfiler la doudoune, se mettre dans le duvet puis rabattre la couverture prêtée par le lodge (pas trop prêt des narines à cause de l'odeur- voir le texte d'Elise). Ne pas oublier son bonnet. Et surtout, surtout ne pas avoir envie de faire pipi la nuit !

Et au réveil, c'est pas mieux ! Heureusement, il suffit de regarder dehors pour avoir envie de se lever !

Sandrine

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